Archiprêtre-Stavrophore Miroljub Srb. Ružić: Pourquoi l’affirmation d’une « condamnation de l’Église Orthodoxe Serbe pour génocide » est une falsification juridique

Une affirmation totalement inventée circule depuis un certain temps, prétendant que le Tribunal de grande instance de Paris aurait rendu en 1995 un soi-disant « jugement historique » contre l’Église Orthodoxe Serbe

La vérité sur le procès de Paris en 1995

Sur les réseaux sociaux et certains portails, une affirmation totalement inventée circule depuis un certain temps, prétendant que le Tribunal de grande instance de Paris aurait rendu en 1995 un soi-disant « jugement historique » contre l’Église Orthodoxe Serbe (EOS). Selon cette construction préjudiciable, après que l’EOS a poursuivi les journaux français Le Monde, Le Figaro et Libération pour des articles malveillants, le tribunal a débouté la demande – ce que certains milieux présentent aujourd’hui faussement comme « le premier cas en Europe où la complicité de génocide d’une Église a été confirmée devant un tribunal ».

https://haler.blogger.ba/2026/01/31/the-serbian-orthodox-church-is-responsible-for-crimes-of-genocide-and-ethnic-cleansing-a-paris-court-ruled-in-1995-5/

Bien qu’un procès pour diffamation ait effectivement eu lieu à Paris au milieu des années 1990, la conclusion selon laquelle le tribunal aurait « condamné l’EOS pour génocide » constitue un mensonge absolu, une absurdité juridique et une falsification fondamentale du droit français.

Pendant la guerre en Bosnie-Herzégovine, certains médias français ont diffusé des rapports unilatéraux sur le rôle de l’EOS, ce qui a incité des dignitaires de l’Église à intenter une action en diffamation afin de protéger la réputation de l’institution. Au cours de la procédure, le slaviste français Paul Garde, l’historien Ivan Đurić et l’évêque Atanasije Jevtić ont témoigné. En fin de compte, le tribunal français a débouté l’EOS de sa demande uniquement pour des raisons de procédure juridique liées à la liberté de la presse.

https://www.liberation.fr/france-archive/1995/05/27/liberation-poursuivi-en-justice-par-l-eglise-orthodoxe-serbe_132210/

Pourquoi l’affirmation d’une « condamnation pour génocide » est une pure supercherie

Pour démasquer cette désinformation tenace, il faut comprendre que le tribunal français saisi des litiges médiatiques applique exclusivement la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.

En aucun cas le tribunal civil français n’a jugé l’EOS pour crimes de guerre, ni n’en avait la compétence. Le tribunal a uniquement évalué si les journalistes remplissaient formellement les conditions de « l’exception de bonne foi », qui repose en droit français sur quatre critères techniques:

  1. La légitimité du but poursuivi – l’information sur des sujets d’intérêt général.
  2. L’absence d’animosité personnelle du journaliste envers le demandeur.
  3. Le sérieux de l’enquête – le travail de terrain et le fait de citer formellement ses sources.
  4. La prudence et la mesure dans l’expression.

Le jugement a exclusivement confirmé que les journalistes ont agi, du point de vue formel et juridique, dans le cadre de la liberté de la presse protégée par la loi. Cependant, le tribunal civil français n’a ni la compétence, ni le mandat, et n’a jamais rendu la moindre décision pénale contre l’Église Orthodoxe Serbe pour génocide.

https://www.liberation.fr/planete/1995/06/26/l-eglise-serbe-perd-son-proces-contre-liberationa-paris-elle-poursuivait-en-diffamation-le-quotidien_136513/

Ce qu’il y a de plus désastreux et de plus scandaleux dans toute cette affaire, c’est le fait qu’une manipulation aussi monstrueuse continue d’être diffusée auprès du grand public encore aujourd’hui – en toute impunité et dans l’absence totale de responsabilité. C’est la preuve effrayante de l’enracinement profond d’une pratique éhontée consistant à imputer systématiquement des mensonges et de la désinformation à l’Église Orthodoxe Serbe.

Un jugement dont la substance et le dispositif juridique portaient exclusivement sur des questions de procédure et sur la liberté d’expression journalistique se trouve, depuis des décennies, éhontément dénaturé, falsifié et travesti par les médias en une soi-disant « condamnation pour génocide » qui serait prétendument établie. Une telle inversion malveillante des faits constitue un cas d’école de déloyauté médiatique, une falsification juridique flagrante et une tentative délibérée de porter une atteinte durable à la réputation de l’Église Orthodoxe Serbe par le biais de la désinformation.

En la décollation du saint prophète, précurseur et baptiste du Seigneur Jean, 1 Septembre / 29 Août, ap. JC 2026.

Archiprêtre-Stavrophore Miroljub Srb. Ružić



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